BearingPoint / Stabilisateurs en temps de crise : l’indispensable rôle des Banques Publiques de Développement
.
Une contribution BearingPoint
de Jean-Michel HUET, Associé,
Lennart PLOEN, Senior Manager
Ange Nguedia DJOUMESSI, Analyste
.
Des institutions ancrées
dans des mandats publics
Les BPD, au nombre de plus de 500 dans le monde, sont des instruments de politique publique. Leur mandat, défini par les États, vise à financer des priorités économiques, sociales ou environnementales. Ces mandats sont variés : logement social, agriculture, exportations, soutien aux PME, infrastructures, etc. Mais ils ont un point commun : répondre à des besoins que le marché ne couvre pas.
La plus ancienne au monde est certes française, la Caisse des Dépôts, elles se sont développées après la Seconde Guerre mondiale, et ont été mobilisées pour reconstruire des économies dévastées.
La KfW en Allemagne, la Korea Development Bank ou encore la Banque Mondiale ont joué un rôle clé dans la reconstruction d’infrastructures, le soutien aux industries stratégiques, ou la stabilisation macroéconomique.
Aujourd’hui encore, elles interviennent dans les zones post-conflit pour financer des projets à fort impact social et institutionnel. Elles ne se contentent pas de reconstruire des routes ou des hôpitaux. Elles soutiennent la gouvernance, la transparence, ainsi que la participation citoyenne.
En Tunisie, après la révolution de 2011, la Banque Mondiale a financé un programme de renforcement des capacités parlementaires. En Afrique de l’Ouest, la BAD soutient des programmes de développement local pour renforcer la cohésion sociale.
.
Intégrer les droits humains
dans les projets
De plus en plus de BPD intègrent les droits humains dans leurs cadres d’analyse. Cela par des évaluations d’impact, des mécanismes de recours pour les populations affectées, ou encore des approches fondées sur les droits (HRBA). Ces outils permettent d’anticiper les risques sociaux, d’impliquer les communautés, réduire les inégalités multidimensionnelles.
Les mandats des BPD évoluent pour répondre aux nouveaux défis. Certaines intègrent désormais des objectifs de résilience, de prévention des conflits, ou de soutien aux États fragiles. Mais cela suppose des arbitrages : comment concilier rentabilité financière et impact social ? Comment éviter les effets d’éviction du secteur privé tout en intervenant là où il ne va pas ?
Pour jouer pleinement leur rôle face aux crises contemporaines, les BPD doivent se doter de mécanismes de gouvernance solides, pour éviter les interférences politiques, comme les décisions récentes de l’administration américaine l’illustre.
Les BPD doivent aussi développer des outils d’évaluation d’impact adaptés aux nouveaux contextes de crise qui hélas risquesnt de se multiplier. Enfin, et pour beaucoup d’entre elles c’est un peu anti-culturel, elles doivent coopérer avec les autres acteurs du développement, notamment les ONG locales pour une meilleure compatibilité de leur action mais aussi les entreprises privées.
.
◊ ◊ ◊ ◊ ◊ ◊ ◊ ◊ ◊ ◊ ◊ ◊ ◊ ◊ ◊ ◊ ◊ ◊ ◊ ◊ ◊ ◊ ◊ ◊
◊ ◊ ◊ ◊ ◊ ◊ ◊ ◊ ◊ ◊ ◊ ◊ ◊ ◊ ◊ ◊ ◊ ◊ ◊ ◊ ◊ ◊ ◊ ◊
.
AGENDA PARIS, 20/11/2025 - XXe CONFÉRENCE DES AMBASSADEURS DE PARIS : « Royaume du Maroc : la montée en puissance d’un État stratège ». Derniers jours Inscriptions Early Bird https://www.africapresse.paris/3106
◊ ◊ ◊


