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BearingPoint / Le défi stratégique de l’Afrique vers un e-gouvernement inclusif, et non d’exclusion

5 juin 2026
BearingPoint / Le défi stratégique de l'Afrique vers un e-gouvernement inclusif, et non d'exclusion
Image IA/APP.
Face à des contraintes structurelles – inégalités d’accès, coût encore élevé du numérique, infrastructures incomplètes et déficit de compétences – l’e‑gouvernement en Afrique demeure l’apanage d’une minorité… Dès lors, comment faire du numérique un véritable levier d’inclusion, plutôt qu’un facteur supplémentaire d’exclusion ?

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Une contribution de
Jean-Michel Huet, associé BearingPoint,
Ayawo Bruno Akakpo, manager BearingPoint

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Le constat est clair : la réussite du numérique ne dépend pas uniquement de la technologie, mais de trois facteurs clés :
 les infrastructures
 le capital humain
 les services numériques eux-mêmes

Ces trois piliers doivent progresser ensemble.

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Premier levier : investir
dans les infrastructures

Connectivité, électricité, data centers : sans ces fondations, aucun service numérique ne peut fonctionner durablement. Selon l’Union internationale des Télécommunications (IUT, 2025), 14 % de la population africaine reste sans accès Internet et concernant la fibre, seulement 30 % vivent à moins de 10 km d’un nœud.

Les États doivent notamment étendre la couverture réseau, réduire les coûts d’accès et améliorer l’accès à l’énergie.

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Deuxième priorité :
développer les compétences

L’inclusion numérique passe d’abord par l’éducation, car l’enjeu n’est pas seulement d’être connecté, mais de savoir utiliser les outils digitaux. Or, les données restent préoccupantes : en Afrique, seuls 53 % des jeunes sont connectés, contre 34 % du reste de la population (selon IUT, 2025), signe d’un fossé générationnel marqué.

Plus largement, les compétences numériques sont très peu mesurées – seuls quelques pays disposent de données fiables – et, là où elles existent, elles montrent que les capacités avancées (sécurité, création de contenus, résolution de problèmes) restent très faibles.

Dès lors, la formation des citoyens, l’alphabétisation digitale et la montée en compétences des agents publics deviennent des priorités absolues : il s’agit de donner à chacun les moyens d’utiliser effectivement les services numériques, et non simplement d’y avoir accès.

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Troisième axe : repenser
les services publics digitaux

En Afrique, l’indice moyen de développement de l’e-gouvernement reste limité (0,42 contre 0,63 au niveau mondial selon le rapport UN E‑Government Survey 2024), traduisant un retard à la fois dans la disponibilité et la qualité des services en ligne.

Aujourd’hui, trop de services sont incomplets ou difficiles à utiliser. La priorité doit être donnée à :
 des services simples et accessibles
 des parcours 100 % en ligne
 des solutions adaptées aux usages mobiles
 des interfaces multilingues et inclusives

L’enjeu est de passer d’un numérique « disponible » à un numérique réellement « utilisé ».

L’inclusion numérique ne se décrète pas. Elle se construit, à des rythmes différents, en fonction des capacités de chaque pays.

Certains pays, comme l’Afrique du Sud, le Kenya ou encore le Maroc, disposent déjà d’infrastructures relativement solides et de services en ligne avancés. Leur défi se situe désormais ailleurs : améliorer la qualité et l’usage des services numériques, notamment en simplifiant les parcours utilisateurs et en réduisant les inégalités d’accès au sein de leur population.

D’autres pays – comme le Sénégal, la Côte d’Ivoire, ou encore le Ghana – se trouvent dans une phase intermédiaire. Leur priorité reste de consolider les fondamentaux, en investissant à la fois dans les infrastructures de connectivité, les cadres de gouvernance numérique et les stratégies nationales de transformation digitale.

Enfin, les pays les plus fragiles – tels que le Burundi, la République centrafricaine ou le Soudan du Sud – doivent adopter une approche progressive. Pour eux, l’enjeu est de déployer des solutions simples, accessibles et à fort impact social, adaptées aux réalités locales, avant d’envisager des projets plus complexes.

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