BearingPoint / La promesse inachevée de l’e-gouvernement en Afrique
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Une contribution de
Jean-Michel HUET, associé BearingPoint,
et Ayawo Bruno AKAKPO, manager BearingPoint
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Sur le papier, les bénéfices sont considérables. Accès aux services 24/24, réduction des délais, limitation des déplacements, amélioration de la transparence administrative : la transformation numérique apparaît comme un levier de modernisation de l’État.
La crise du Covid-19 a encore accéléré cette dynamique. Santé, éducation, démarches administratives : le numérique s’est imposé comme une nécessité. En parallèle, la connectivité a progressé, avec une hausse significative des abonnements internet et une extension continue du réseau mobile.
Mais derrière cette avancée visible se cache une réalité plus nuancée : la digitalisation ne rime pas automatiquement avec inclusion.
En effet, la simple mise en ligne de services ne garantit pas leur utilisation. Plusieurs obstacles persistent :
– accès inégal à Internet et à l’électricité
– coût élevé de la data
– faible niveau de compétences numériques.
Ces freins limitent fortement l’usage réel des services digitaux, notamment pour les populations les plus vulnérables.
Le risque est alors majeur : celui d’un numérique qui profite d’abord à ceux qui sont déjà intégrés — urbains, connectés, éduqués — au détriment des autres. La digitalisation peut ainsi créer une nouvelle fracture, entre citoyens « connectés » et citoyens « exclus ».
Un enjeu
stratégique
Dans le cadre de notre analyse, nous avons retenu une approche comparative reposant sur une matrice à double entrée issue de deux sous-indices du E-Government Development Index (EGDI) des Nations Unies.
Pour les besoins de cette analyse, la classification s’appuie sur deux dimensions clés : le Human Capital Index (HCI) et l’Online Services Index (OSI). Ce choix s’explique par leur capacité à orienter les priorités d’investissement et à identifier les prérequis structurels d’une digitalisation inclusive : d’une part, la capacité des populations (capital humain) à utiliser le numérique et, d’autre part, la disponibilité et la qualité des services en ligne.
L’enjeu pour les États africains devient donc stratégique : passer d’une logique de modernisation technologique à une véritable politique d’inclusion numérique.
Car l’e-gouvernement n’est pas une fin en soi. Il ne prend tout son sens que s’il permet réellement d’améliorer la vie de tous.
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