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BearingPoint / Capital naturel en danger : quand les Banques Publiques de Développement deviennent gardiennes du climat

6 novembre 2025
BearingPoint / Capital naturel en danger : quand les Banques Publiques de Développement deviennent gardiennes du climat
Les auteurs BearingPoint, de gauche à droite : Jean-Michel HUET, Associé ; Ange Nguedia DJOUMESSI, Analyste ; Lennart PLOEN, Senior Manager. Photos © DR montage APP – CLIQUER SUR L’IMAGE POUR L’AGRANDIR.
Alors que les catastrophes climatiques s’enchaînent – canicules records, inondations et sécheresses meurtrières, – une question s’impose : qui pour financer l’adaptation et la transition ? Si les projecteurs sont souvent braqués sur les grandes entreprises, un autre acteur s’avère décisif : les banques publiques de développement, telles l’AFD, La Caisse des Dépôts ou la BM…

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Une contribution BearingPoint
de Jean-Michel HUET, Associé,
Lennart PLOEN, Senior Manager
Ange Nguedia DJOUMESSI, Analyste

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Un rôle croissant mais
encore sous-exploité

Les banques publiques de développement (BPD) ont vu leur financement climatique augmenter ces dernières années, tant en volume qu’en part des engagements globaux. Ce mouvement est principalement porté par les banques multilatérales de développement et les grandes banques nationales. Pourtant, malgré cette dynamique, les besoins restent colossaux : selon le GIEC, il faudrait multiplier par 5 à 7 les financements climatiques d’ici à 2050 pour espérer atteindre les objectifs de l’Accord de Paris.

Si les financements pour l’atténuation (énergies renouvelables, efficacité énergétique) progressent, ceux pour l’adaptation (résilience agricole, infrastructures résistantes aux aléas) restent très insuffisants. D’après le Public Development Banks Reference Book, publié chez Pearson en juillet 2025, les membres de l’IDFC (International Development Finance Club) ont consacré 175 milliards de dollars à l’atténuation, contre seulement 10,5 milliards à l’adaptation. Or, dans les pays les plus vulnérables, c’est souvent l’adaptation qui constitue le besoin majeur.

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Des leviers puissants
pour transformer l’économie

Les BPD disposent d’atouts uniques pour catalyser cette transition : elles connaissent les contextes locaux, peuvent prendre plus de risques, et mobilisent des financements à long terme.
Elles sont aussi en première ligne pour aligner les flux financiers sur les stratégies climatiques nationales. Certaines, comme la Banque africaine de développement (BAD) ou la Banque européenne d’investissement (BEI), ont déjà exclu les projets liés au charbon ou aux hydrocarbures de leur portefeuille.

De plus en plus de BPD intègrent le climat dans leurs systèmes de gestion environnementale et sociale (ESG), évaluant les risques, et adoptant des méthodologies pour mesurer l’impact de leurs financements climatiques. 80 % des plus de 500 BPD dans le monde ont formalisé des objectifs « verts » ou une stratégie de verdissement de leur portefeuille.
Certaines BPD vont plus loin, en cherchant à transformer les systèmes économiques, par le soutien aux politiques publiques climatiques. L’objectif : ne plus se contenter de financer des projets « verts », mais contribuer à une transition systémique.

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Des outils à renforcer

Face à l’urgence climatique, les BPD doivent encore progresser sur plusieurs fronts. Elles doivent systématiser et généraliser l’intégration du climat dans leur mandat et leur stratégie et ce malgré certaines pressions notamment de l’administration américaine.

Elles doivent ensuite développer des outils de mesure d’impact robustes et transparents afin de pouvoir montrer la réalité de l’impact de ces décisions manière de contrer les critiques. Enfin, il leur faut accroître leur capacité à identifier et structurer des projets à fort impact climatique et ne pas saupoudrer les actions.

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