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À Marseille, en direct de la IVe Semaine économique de la Méditerranée

Avec sa Maison Méditerranéenne des Métiers de la Mode (MMMM), Marseille s’affirme en tête de réseau

Tous pays EUROMED-AFRIQUE | 30 novembre 2010 | src.LeJMED.fr
Marseille -

Le 26 novembre 2010 à Marseille, la mode méditerranéenne a ouvert une page décisive de son histoire en créant cette nouvelle structure regroupant les forces vives de filière mode-habillement sur les rives nord et sud de la Méditerranée. A peine trois jours plus tard, cette nouvelle entité organisait ses « Rencontres » dans le cadre de la IVe Semaine Économique de la Méditerranée, lundi 29 novembre.

Photo ci-dessus : Jean-Brice Garella, le nouveau Président de la MMMM. © NB


Situé sur la célèbre Canebière, cœur de Marseille, l’Institut Mode Méditerranée, magnifique bâtiment de 3 000 m² dédié à la mode depuis 1988, abritera désormais cette Maison qui rayonnera sur les territoires méditerranéens pour porter haut leurs couleurs de la mode. Les trois Maisons – de la Création, de la Formation, des Événements Culturels et Économiques – de la mode se retrouveront ainsi sous le même toit.

À la tête de l’Institut depuis plus de vingt ans et porteuse du projet virtuel de la cité Euro-Méditerranéenne de la Mode depuis cinq ans, Maryline Bellieud-Vigouroux, a été pour beaucoup dans le développement du secteur.

Aujourd’hui conseillère auprès du Président de la MMMM, elle se félicite de la l’entrée en fonction d’une nouvelle équipe pour relever les défis de ce partenariat équitable et durable dans le bassin méditerranéen : « Le nouveau Conseil d’Administration, – 14 membres à ce jour sur les 15 prévus – s’engage de manière enthousiaste dans ce projet. C’est une nouvelle équipe de « haut niveau », avec le président Jean-Brice Garella, par ailleurs PDG de la SAS Holding Garella et Président de la Chambre syndicale du textile, et aussi des personnalités éminentes, comme André Azoulay, conseiller auprès de SM le roi du Maroc, et président de la Fondation Anna Lindh, Sidney Toledano, Président de Dior, Françoise Montenay, Présidente de Chanel ... ».

Maryline Bellieud-Vigouroux,
conseillère auprès du Président de la MMMM. © NB

De fait, dès lundi 29 novembre, au premier jour de la IVe Semaine économique de la Méditerranée, trois ateliers ont permis d’avancer sur chacun des pôles de la MMMM, et de nourrir son projet.

Formation de haut niveau pour les créatifs de la mode : un Master à Marseille, dès la rentrée 2011

Roger Kazan, chargé de mission auprès du Président de l’Université de la Méditerranée, fait état de l’avancement du projet de Master qui viendra, à compter de la rentrée 2011, compléter la filière de formation qui existe déjà à Marseille (des lycées techniques jusqu’à la licence professionnelle opérationnelle, depuis 2006). Un projet construit avec l’aide des écoles privées, des universités du pourtour méditerranéen et des acteurs du monde économique de la filière.

« La création de ce Master, explique Roger Kazan, se fonde sur la consultation des acteurs, ce qui atteste la pertinence de cet outil. Des consultations, comme celle d’aujourd’hui, alimenteront le programme. Le cursus de 1 300 h est un savant mélange entre d’une part gestion, marketing et commercial et, d’autre part, un contenu scientifique autour des innovations (nanotechnologies, nouveaux textiles).

Cette journée, poursuit Roger Kazan, a cependant révélé un point faible, celui des stages. Nous allons donc revoir cette partie pour la rendre plus conforme aux attentes de la profession. Enfin, nous avons la volonté de créer des cursus à l’identique avec d’autres universités (des projets sont en cours avec le Maroc, le Portugal ou la Chine) permettant ainsi des échanges d’étudiants dès 2011 et d’aller à moyen terme vers la codiplômation. »

Des membres actifs au Nord comme au Sud

La Maison de la Création s’est appuyée sur le savoir-faire de l’Institut Mode Méditerranée et sur l’expérience des séminaires engagés depuis 2006. Depuis Juin 2010, une initiative unique en Europe, et sans doute dans le monde, rassemble 7 lauréats créateurs de mode occidentale. Venus de France, d’Italie, du Portugal, de Tunisie, d’Espagne, du Maroc et du Liban, ils participent à un programme d’accompagnement par un réseau d’intervenants prestigieux de la mode. D’ici à 2013, sept pays supplémentaires – Turquie, Israël, Algérie, Grèce, Syrie, Jordanie et lÉgypte – et 41 marques créatives participeront aussi à ce projet.

Hervé Tusseau, journaliste, et Jocelyne Imbert, Conseillère spéciale à la Maison de la Création, ont présenté la synthèse des travaux réalisés ce lundi sur ce thème : « Le schéma d’une semaine par mois est tout à fait satisfaisant pour les lauréats. Chacun des 70 « nominés » du réseau d’intervenants apporte ses compétences et prend le temps de s’intéresser aux projets. Cela représente pour nos créateurs un carnet d’adresses de choix, et un accélérateur d’avancées pour ces marques émergentes. Par exemple, la candidate tunisienne a ainsi redéfini son contenu : partie du vêtement, elle fabrique aujourd’hui du « homewear » qui intéresse la maison Hermès.

Cette expérience est aussi une formidable expérience humaine et solidaire entre les lauréats eux-mêmes et qui favorise les opportunités commerciales : par exemple le lauréat italien a apprécié les accessoires de la candidate marocaine, et a considéré que le travail de celle-ci pouvait être présenté à Milan. Aujourd’hui, elle est présente sur le show-room milanais.

La Maison de la Création est aussi un creuset d’expérimentation, le lieu du recensement et de transmission des patrimoines, le lieu du questionnement de l’identité méditerranéenne. Elle est du reste inscrite au programme des Ateliers de la Méditerranée de Marseille Provence 2013, capitale européenne de la culture. Chaque lauréat travaille actuellement une pièce unique, qu’il laisse(ra) comme une trace de son passage, inspiré par le patrimoine de créateurs emblématiques méditerranéens. »

Reste à inventer des formes propices à renforcer la visibilité dans le pourtour méditerranéen de cette création (show-rooms itinérants, par exemple) pour favoriser les débouchés dans tous les pays et rechercher les moyens financiers pour accompagner ces projets dans chaque pays – l’exemple du Liban, avec les aides de compagnies aériennes et de grands groupes de mode, est une piste à explorer. »

Sur cette question de la visibilité et des événements culturels et économiques, une première réponse est apportée par Maryline Billieud-Vigouroux, qui, lors d’un entretien avec LeJMED.fr, nous indique les étapes à venir : « Une restitution aura lieu en décembre 2010 à Marseille puis à Paris, dans les sept vitrines du Palais Royal. Et un grand événement, que l’on souhaite itinérant, de port en port méditerranéen, pour renforcer l’économie de la mode, devrait clôturer en 2013 cette étape 2010-2013. »

Une mode flamboyante :
« Marseille, la ville où l’on se déshabille avec style »

(formule proposée par une participante à l’atelier sur les événements)

Yves Plisson partage les pistes de réflexion du troisième workshop dédié justement aux événements à inventer : « Un point qui fait consensus est de reconnaître l’identité du sud qui se marque au point de dégager une nécessité d’en faire un atout concurrentiel, notamment pour l’export. Les pistes sont, à l’horizon de Marseille-Provence, 2013 la création d’un événement spécifique, mais aussi de mieux utiliser les relations avec les nombreux touristes et croisièristes qui viennent dans la région, en mettant en place avec les hôtels des productions dans des « corners », et de l’information sur la filière.

La nécessité de marier les événements déjà existants dans le domaine des arts et spectacles dans la région avec la mode (ex : cinéma à Cannes, photo à Arles mais aussi Dock des suds pour la jeunesse).Enfin, il est indiqué de travailler autour d’un village des créateurs ou une maison des marques afin de toucher la clientèle de détail. Les points qui font débat sont autour de la pertinence de la création d’un événement marseillais, et de celle d’inventer un label. Reste que la demande est forte de construire des approches collectives, notamment pour exister à Paris et “chasser en meute” à l’export ».

Le nouveau Président, Jean-Brice Garella : « permettre à nos créateurs de passer de la sous-traitance à la création de marque »

« La MMMM est en fait la plateforme de la filière qui ne sera plus séquencée mais bel et bien un ensemble unifié avec les dimensions créatives, formation, économiques et culturelles. Nous voulons préserver le patrimoine textile de l’euroméditerranée avec une vraie culture de fabrication et de mode face au système « moins disant » des modèles de l’Inde et de la Chine.

Notre perspective est de construire une zone prospère d’échanges et innovations partagées avec la rive sud de la Méditerranée. Permettre à des créateurs qui vivent dans des pays qui aujourd’hui sont cantonnés à de la sous-traitance de créer en propre leur marque, et donc de créer un dynamisme économique. Par exemple, avec l’immigration inversée d’une partie de notre clientèle au Maroc, ce pays devient un marché pour nous. »

De si belles perspectives n’ont pas manqué de soulever l’enthousiasme parmi les participants à cette journée de concertation proactive entre fondateurs et membres du réseau, partenaires financiers, collectivités territoriales, partenaires opérationnels et même représentants des futurs pays membres (Israel, Turquie). Autant d’échanges qui attestent que, « sur le terrain » l’Union pour la Méditerranée est bel et bien en marche, au quotidien.

Une journée très dense et positive, et dont Marseille sort confirmée comme tête de réseau d’une véritable « force de frappe » de la filière mode euro-méditerranéenne.

Nadia BENDJILALI
Correspondante de LeJMED.fr à Marseille

En savoir plus :
- Le site de La Cité de la Mode (en attendant la création du site MMMM)


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