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Avec 23 Md $ collectés à Paris pour financer son plan de développement d’ici à 2021, le Niger vise le Top 5 du "Doing business" en Afrique

15 décembre 2017
De gauche à droite : Moussa Sidi Mohamed, président de la Chambre de Commerce, représentant du secteur privé nigérien ; Cheikh Oumar Seydi, le directeur régional Afrique subsaharienne de la Société financière internationale (IFC) ; Issoufou Mahamadou, le président de la République du Niger, René-Laurent Alciator, directeur du bureau parisien du spécialiste en financements et cautions DF Deutsche Forfait AG. © DR
Issoufou Mahamadou, le président de la République du Niger, veut placer son pays dans le top 5 africain pour le climat des affaires. C’est ce qu’il affirmé jeudi 14 décembre à Paris où le gouvernement nigérien avait organisé une conférence de la « Renaissance », réunissant investisseurs privés et publics. Objectif : trouver les financements nécessaires pour son nouveau PDES (plan de développement économique et social), couvrant les années 2017 à 2021. 17 milliards de dollars étaient espérés, il en a obtenu 23 !

Un article de Jean-Louis Alcaide / AfricaPresse.Paris

Un proverbe africain l’affirme : « On ne peut pas réveiller quelqu’un qui ne dort pas ! » De fait, le Niger a voulu montrer pendant deux jours qu’il ne dort plus, qu’il s’est bel et bien mis en route sur la voie d’un développement réel. Une forte délégation du gouvernement nigérien, président de la République en tête, est ainsi venue à Paris, les 13 et 14 décembre, afin de convaincre 400 investisseurs, publics et surtout privés, de l’intérêt de soutenir les projets contenus dans le PDES (Plan de développement économique et social). Un plan, défini en partenariat avec la Banque Mondiale pour la période 2017-2021, et baptisé « Un Niger renaissant pour un peuple prospère ».

Le Niger espérait 10 milliards de dollars apportés par les investisseurs privés et 7 milliards de dollars par les bâilleurs de fonds internationaux. Il a obtenu des promesses à hauteur de 23 milliards de dollars, dont 12,7 par les fonds. « La renaissance du Niger est en marche ! », s’est exclamé au vu de ces promesses de financements Aïchatou Boulama Kané, la ministre nigérienne du Plan et grande chef d’orchestre de cette « conférence de la Renaissance ».

Paix et sécurité ?

Pour séduire la communauté financière, Issoufou Mahamadou, le chef de l’État nigérien, a mis en œuvre, depuis qu’il a été élu en 2011, un cocktail de mesures classiques de nature à rassurer et séduire chefs d’entreprise et financiers : possibilité de créer une entreprise en trois jours (avec un guichet unique), simplification des formalités fiscales, législation favorable aux investissements, facilitation du commerce extérieur, règlement d’un éventuel différend commercial en moins de trois mois, etc.

« Le plan Renaissance prévoit encore des réformes ambitieuses, a expliqué le président de la République nigérienne. Il s’agit de la consolidation du cadre macro-économique et financier, mais aussi du renforcement de la gouvernance, de la paix et de la sécurité, de l’amélioration du climat des affaires, du développement d’infrastructures de qualité et d’une intégration régionale harmonieuse ».

Paix et sécurité ? Les termes étaient à n’en pas douter dans les têtes des participants à la conférence, puisque mercredi 13 décembre le président français, Emmanuel Macron, avait concomitamment organisé un réunion avec les dirigeants du G5 Sahel, la force conjointe antiterroriste constituée par le Tchad, le Niger, le Mali, le Burkina Faso et la Mauritanie, afin de leur promettre un soutien politique et financier accru. Leurs forces sont censées combattre les groupes djihadistes dans la bande sahélo-saharienne, notamment dans la « zone des trois frontières », au carrefour des territoires malien, nigérien et burkinabé.

Devenir le « hub du Sahel »

« Aujourd’hui, a insisté le président nigérien, je peux vous assurer que, en dépit d’un contexte sécuritaire difficile, la sécurité des biens et des personnes est garantie au Niger, grâce aux efforts fournis par les forces de défense. Aujourd’hui, on peut venir chez nous pour investir, exploiter et rentabiliser ».
Et de ce point de vue, il y a de quoi faire. Car davantage que bien d’autres pays africains, le Niger dispose d’atouts importants, notamment dans les mines ou les gisements – uranium, pétrole, lithium, métaux rares, charbon, cuivre, or, etc. Il compte aussi un secteur agricole (15 millions d’hectares de terres cultivables) dont la productivité ne demande qu’à exploser pour peu qu’on le modernise, un secteur privé très dynamique, une population (20 millions d’habitants) jeune et une situation géographique qui lui fait ambitionner de devenir « le hub du Sahel » pour beaucoup d’entreprises, notamment pour les TIC (technologies de l’information et de la communication). Car le Niger se trouve au cœur d’un « vaste marché régional potentiel de quelque 350 millions de consommateurs », comme l’a pointé Sadou Seydou, ministre nigérien du Commerce et de la Promotion du secteur privé.

Dans le top 5 africain pour le climat des affaires

« Le climat des affaires au Niger sera encore amélioré et la dynamique des réformes poursuivie et accélérée », a promis Issoufou Mahamadou avant de lancer : « Mon objectif est de placer le Niger dans le top 5 africain pour le climat des affaires (Doing Business) et parmi les 50 premiers pays au niveau mondial ». Un classement des pays de 1 à 190 sur la facilité de faire des affaires établi par la Banque Mondiale.

Le chef de l’État nigérien veut donc parfaire le code des mines, ainsi que la « sécurité juridique » pour les investisseurs, et investir « massivement » dans l’éducation et la formation professionnelle et technique, avec une mention spéciale pour le secteur des TIC (incitations aux jeunes pousses, incubateurs, fibre optique, etc.). Sans oublier les investissements qu’il entend favoriser, en partenariat avec les pays voisins, afin que tous se désenclavent, comme par exemple ceux consacrés à la boucle ferroviaire destinée à relier Cotonou, Niamey, Ouagadougou et Abidjan.

Au total, « le Niger dispose d’atouts considérables pour réussir son PDES, a résumé Cheikh Oumar Seydi, le directeur régional Afrique subsaharienne de la Société financière internationale (IFC), filiale de la Banque mondiale consacrée au secteur privé. Ses richesses sont exceptionnelles. Son potentiel est énorme. Il s’agit maintenant de le concrétiser ».

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