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Atelier Business France - Pr Alfi MALEK : Les nombreux atouts de l’Égypte pour un partenariat économique accru avec la France

22 février 2020
Le Professeur Alfi MALEK, Président de Déméter, Association pour le Développement Durable et les Énergies renouvelables. © AM/AP.P
Business France a organisé, le 10 février à Paris, un atelier dédié à l’investissement en Égypte, sous l’égide de SE Stéphane Romatet, Ambassadeur de France au Caire, et de Ahmad El Sewedi, Directeur général du groupe égyptien El Sewedi. L’initiative s’inscrit dans une démarche globale de l’Égypte qui manifeste sa volonté de valoriser ses nombreux atouts et de s’engager dans la voie du développement et de la modernité.

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Une contribution du Professeur Alfi MALEK
Président de Déméter

Association pour le Développement Durable
et les Énergies renouvelables

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Si le temps a passé depuis les évènements de la Place Tahrir, en 2011, le pays n’a pas oublié les revendications pacifiques de sa jeunesse, et son slogan « Pain, liberté et justice sociale ». Cette jeunesse, richesse précieuse constituant quelque 60 % de la population, aspire ainsi à mieux vivre, et à participer pleinement à la construction d’un avenir meilleur. Des revendications auxquelles seul le développement peut apporter des réponses.

Parmi les atouts majeurs qui contribuera au succès d’un tel projet, on relèvera la situation géographique exceptionnelle du pays, idéalement situé à l’interface entre les trois continents d’Asie, d’Afrique et d’Europe, entre pays producteurs et pays consommateurs, entre le nord et le sud du globe, avec deux mille kilomètres de côtes, de nombreux ports, tels que Port Saïd, Suez, Alexandrie, bientôt El Alamein. De plus, l’Égypte exploitera bientôt des ressources naturelles abondantes, grâce notamment la découverte de gisements considérables de gaz naturel, en Méditerranée.

Le dispositif généreux de l’article 11
de la loi sur l’investissement

L’Égypte est désormais doté des outils législatifs garantissant aux investisseurs étrangers la maîtrise de leurs investissements et la garantie du rapatriement de leurs fonds sans contraintes. Ainsi, en vertu d’une nouvelle loi ad hoc, le démarrage d’un investissement sera exonéré de la taxe de timbre, de la plupart des dépenses gouvernementales et des frais d’enregistrement foncier / immobilier. Plus important encore, la loi stipule que les droits de douane sur tous les équipements et matériaux nécessaires à la fabrication et à la mise en place de projets d’investissement seront réduits au taux unique de 2 %.

L’article 11 de la loi sur l’investissement définit également les exonérations fiscales. Celles-ci varient en fonction de la zone où le projet d’investissement est situé, conformément à la carte d’investissement et en fonction de l’importance du projet et de l’importance de la main-d’œuvre utilisée. Une déduction allant de 30 % à 8 0% des frais d’investissement sera appliquée. La durée du coût d’investissement sera définie et expliquée plus en détail dans le règlement d’application de la loi (qui n’a pas encore été publié).

En outre, les projets établis conformément à l’article 11 susmentionné peuvent être autorisés à établir des ports douaniers affectés uniquement à ces projets, afin de faciliter le processus d’importation et d’exportation.
Le gouvernement égyptien sera responsable du paiement de tous les coûts d’infrastructure reliant les installations aux biens immobiliers affectés au projet. En plus de ces coûts, le gouvernement remboursera la moitié de la valeur du bien immobilier à l’investisseur, au cas où ce dernier commencerait la production dans les deux ans à compter de la date de la remise dudit bien.

Dans le cas où le projet présente des caractéristiques stratégiques, l’attribution des biens immobiliers peut être gratuite. Sans parler du paiement par le gouvernement d’une partie des frais de formation de la main-d’œuvre.

Des infrastructures fortement développées

Depuis quelques années, le pays s’est investi dans la création et le renforcement des infrastructures indispensables au développement de zones industrielles. Ainsi ’Égypte dispose-t-il aujourd’hui d’infrastructures de classe mondiale.

Trois réseaux de téléphonie mobile (cellulaire) indépendants couvrent près de 100 % des terres habitées du pays. Le haut débit filaire est facilement disponible dans les centres urbains. Les 15 ports commerciaux du pays desservent à la fois les exportateurs et les importateurs du pays, tandis qu’un réseau de 20 aéroports en pleine expansion et modernisation s’adresse à la fois aux passagers et au trafic de fret, avec un aéroport dédié disposant de trois terminaux de fret, traitant des textiles, des légumes et de nombreux produits industriels.
Le pays possède également un réseau routier de 108 784 km et un réseau ferroviaire 9 570 km.

L’Égypte offre également des prix compétitifs et des approvisionnements fiables en électricité, eau et gaz. L’Égypte possède une abondance de ressources naturelles qui peuvent facilement répondre aux besoins des activités agricoles, industrielles et minières.

Vue de l’amphithéâtre de Business France à l’ouverture de l’atelier dédié à l’Égypte, lundi 10 février. © AM/AP.P

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Taux d’imposition compétitifs
et proximité des marchés mondiaux

Les impôts sur les sociétés ne dépassent que 22,5 % en Égypte.
Le code fiscal nouvellement révisé du pays est facile à appréhender, et le pays est passé à l’audit d’échantillons aléatoires. Les plus gros contribuables du pays sont desservis par une unité spéciale hautement qualifiée de l’administration fiscale.

Les principaux marchés mondiaux en Europe, au Moyen-Orient, en Afrique et dans le sous-continent indien sont tous facilement accessibles depuis l’Égypte. Plus proche des marchés européens et nord-américains que d’autres grands exportateurs comme l’Inde, la Chine et les Philippines, l’Égypte est également située sur des routes logistiques internationales.

L’Égypte jouit de l’existence du canal de Suez, considéré comme le lien le plus court entre l’est et l’ouest en raison de sa situation géographique unique. Chaque année, environ 8 % du trafic maritime mondial passe par le canal de Suez. Les navires transitant par le canal d’est en ouest ou d’ouest en est permettent des économies importantes de distance, de temps et de coûts d’exploitation.

Des réformes pour l’efficacité
et la simplification de l’investissement

L’Égypte a récemment adopté un plan de réforme audacieux et ambitieux pour assurer la viabilité budgétaire et résoudre les déséquilibres macroéconomiques dans le but de réduire le risque économique et de renforcer la confiance des investisseurs.

Le plan de réforme vise à augmenter l’assiette fiscale, à rationaliser les dépenses en subventions au carburant et à l’électricité, à mobiliser les dépenses d’investissement et à affecter davantage de ressources aux services publics et à la sécurité sociale.

Après la révolution, le gouvernement a adopté une stratégie de promotion intensive en trois dimensions : la réforme des entreprises, l’attraction des IDE et la bienveillance à l’égard des des investisseurs.

Ainsi, le délai d’enregistrement des bureaux de représentation à l’étranger a été réduit à 72 heures au lieu de 40 jours. Le paiement des frais d’abonnement à la Chambre d’industrie et à la Fédération des industries égyptiennes est disponible en guichet unique, et la création des sociétés électroniques sur le site officiel de GAFI (General Authority For Investment) est en cours de lancement, ainsi que la multiplication des centres de traitement du GAFI dans les gouvernorats (provinces).

Gestion ds éventuels conflits et zones franches

Mise en place du « Contracts Committee » dont GAFI est membre, afin de résoudre tout conflit qui pourrait survenir entre les investisseurs et les différentes instances gouvernementales sur des contrats commerciaux précédemment signés.
Dans le même esprit, la loi n °8 sur l’investissement de 1997 a été modifiée afin de permettre la réconciliation entre l’investisseur et l’administration, en cas de fraude avérée.

En créant des zones franches, notamment dans la zone du Canal de Suez, il donne aux investisseurs la possibilité de produire dans des conditions financières optimales notamment pour l’export.

Des dispositifs avantageux relatifs aux licences ont également été mis en place :
- Levée de la licence industrielle préliminaire requise lors de l’établissement à GAFI.
- Levée de l’exigence d’approbation de sécurité pour les sociétés de médias.
- Délivrance des certificats d’import / export pour des activités spécifiques pour un à cinq ans.
- Pour les PME : création du « Bedaya Center » pour aider à développer et aider les PME à accéder au financement bancaire.
- Pour la réduction du coût des entreprises industrielles : décision du ministère de l’Industrie de réduire la valeur des lettres de garantie nécessaires pour acquérir des terrains dans les zones industrielles.

Notons aussi qu’au centre de cette démarche de développement se situe l’énergie, dont l’Égypte et la région sont particulièrement riches, aussi bien en renouvelables qu’en énergies fossiles. C’est le coeur du métier d’excellence du consortium El Sewedi, dirigé par Ahmad El Sewedi, présent à l’atelier parisien. Son ambition laplace à hauteur des enjeux nationaux et régionaux, l’entreprise développant ses propres compétences et technologies. Avec le groupe Orascom et Arab Contractors, El Sewedi fait ainsi figure d’exemple et d’entreprise-phare du pays.

La France et l’Égypte, un avenir à créer ensemble

De gauche à droite : SE Stéphane Romatet, ambassadeur de France en Égypte ; Ahmad Elsewedy, directeur général du Groupe Elsewedy ; Christophe Lecourtier, Directeur général de Business France, durant la cérémonie de signature d’un Mémorandum d’entente entre Business France et le Groupe Elsewedy, à l’occzsion de l’atelier de Business France dédié à l’Égypte, le 10 février 2020 à Paris. © DR

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L’Égypte ambitionne désormais de se hisser au niveau des dix premières économies mondiales d’ici à 2030

En dépit d’aussi belles perspectives et de quelque chantier emblématique, comme la construction du métro du Caire, la France ne se situe qu’à la onzième place des partenaires commerciaux de l’Égypte, cela malgré des rapports privilégiés et anciens, culturels et affectifs entre les deux pays. D’ailleurs – on s’étonnera peut-être de l’apprendre – le français est couramment parlé au pays des pharaons.

La France aurait avec l’Égypte un partenaire très appréciable pour un co-développement avec les pays africains avec lesquels l’Égypte a renoué depuis 2014 [élection d’Abdel Fattah al-Sissi, ndlr] et particulièrement en présidant l’Union africaine durant l’année 2019.
Une approche conjointe du continent africain dans un esprit gagnant-gagnant, ouvrirait ainsi des perspectives nouvelles et prometteuse d’un riche avenir.

Cela dit, en attendant la concrétisation de ces belles perspectives, on s’étonne que dans le contexte international de mise en route des accords de Paris (COP21, en 2015), de l’absence à cet atelier de représentants du secteur des énergies renouvelables. Et cela alors même que le colloque annuel de leur syndicat était honoré quelques jours plus tôt par la présence du Ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, affichant ainsi une forte volonté de la France de renforcer sa capacité à l’export.

C’est ainsi qu’en fin de colloque, lors d’un échange avec Monsieur Philippe Garcia, Directeur de Business France au Caire nous sommes convenus qu’un événement dédié exclusivement à ce secteur des énergies renouvelables reste à créer. Nous en prenons bonne note, et vous en donnerons des nouvelles.

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SUR LEME SUJET

- Atelier @BusinessFrance - Maged El Sayed (Sanofi) : « En Égypte, les autorités dialoguent avec les entreprises pour trouver des solutions »

- Atelier @Business France - Malgré des relations fortes et anciennes, la France reste un partenaire encore « insuffisant » de l’Égypte

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LIENS UTILES

- GAFI (General Authority For Investment)

- Business France

- Ambassade de France en Égypte

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