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AMBITION AFRICA 2025 par Business France / Marie-Laure Akin-Olugbade, VP de la BAD  : « À condition d’investir, l’Afrique peut devenir le moteur de la croissance mondiale »

21 novembre 2025
AMBITION AFRICA 2025 par Business France / Marie-Laure Akin-Olugbade, VP de la BAD : « À condition d'investir, l'Afrique peut devenir le moteur de la croissance mondiale »
Marie-Laure Akin-Olugbade, Vice-Présidente principale de la Banque africaine de développement (BAD). Photo © DD/APP – CLIQUER SUR L’IMAGE POUR L’AGRANDIR.
Comme chaque année, Business France a organisé sur deux jours à Paris-Bercy, les 18 et 19 novembre 2025, le Forum Ambition Africa, qui a rassemblé la communauté des entrepreneurs impliqués dans le développement de la relation d’affaires entre la France et l’Afrique. Un beau succès intercontinental, car sur les 1900 inscrits, 1200 sont venus d’Afrique…

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Par Denis DESCHAMPS, pour AFRICAPRESSE.Paris
@DjuliusD @africa_presse

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Placé sous l’égide du Ministère de l’Economie, des Finances et de la souveraineté Industrielle et Numérique, ainsi que du Ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères, cet événement business exceptionnel a permis aux 1900 inscrits, dont 1200 participants venus d’Afrique, d’échanger entre eux et également avec les différentes personnalités et représentants des institutions présentes ou représentées.

Aussi, à l’occasion du Forum Ambition Africa 2025, ont été signés divers accords importants, dont celui entre Aïssatou Mbodji, Déléguée Générale de la Direction de l’Entrepreneuriat Rapide des Femmes et des Jeunes du Sénégal, et Vincent Di Betta, Directeur du Conseil International et Assistance technique de Bpifrance.

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Turbulences africaines et résilience

En introduction du Forum Ambition Africa 2025, Didier Boulogne, Directeur Général Délégué Export de Business France, a rappelé que malgré les turbulences du continent africain (en particulier au Sahel), la France n’entendait pas céder à la tentation protectionniste qui est initiée outre-Atlantique.

Il a ainsi salué la capacité de résilience de l’Afrique, dont près de 40 délégations africaines – et également d’outre-mer, comme plus particulièrement Mayotte – étaient présentes au Forum, pour développer de nouveaux courants d’affaires entre la France et l’Afrique, grâce notamment aux 60 missions collectives organisées par Business France dans 26 pays africains.

De fait, se situant dans une dynamique euro-méditerranéenne, l’appui assuré par Business France aux entreprises exportatrices françaises vise toutes les activités, et plus particulièrement celles qui touchent à la jeunesse, au sport et aux industries culturelles et créatives.

Une vue partielle du public. Au premier rang, à la gauche du ministre Nicolas Forissier, on reconnaît Mme Hamida Rezeg, conseillère régionale de l’Île-de-France (IDF). Photo © DD/APP – CLIQUER SUR L’IMAGE POUR L’AGRANDIR.

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Partenariat « gagnant – gagnant »

Le Ministre du commerce extérieur, Nicolas Forissier, a ensuite insisté sur le partenariat de la France avec l’Afrique, dont le Forum Ambition Africa constitue, selon ses propres termes, « le symbole d’une relation économique transformée par la coopération et l’innovation ».

Comme il l’a souligné, la France est aujourd’hui le 4e investisseur en Afrique, avec un partenariat reposant sur la société civile, les femmes et les jeunes innovateurs, et qui porte sur différents sujets stratégiques pour le continent et la France, qu’il s’agisse des énergies renouvelables, des industries vertes, de l’agro-alimentaire ou bien de la cybersécurité.

À l’appui de son propos, le ministre a cité différents chiffres, dont les 60 % de prêts du Trésor français pour le continent africain (depuis 2019), les 20 000 micro-entreprises soutenues par le dispositif Choose Africa, et les 3,5 milliards d’Euros mobilisés pour l’Afrique en 2024 par l’Agence française de développement (AFD).

Comme l’a ensuite rappelé Sandra Kassab, Directrice du département Afrique de l’AFD, celle-ci est une banque publique de développement, qui agit aussi à l’international, en lien avec les tissus économiques locaux pour renforcer les services aux populations, le développement de chaînes de valeur structurées et le soutien à la formation professionnelle.

Enfin, le ministre a appelé à la consolidation du partenariat Afrique-France, dans un esprit de co-construction, par rapport aux domaines de l’Intelligence artificielle, de l’Économie bleue, de l’Agriculture durable, de la Santé et des Industries vertes qui constitueront les grandes thématiques du prochain Sommet Afrique-France de Nairobi (Kenya) en mai 2026.

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Optimisme moteur

L’Afrique est soumise à d’importants chocs externes et internes, mais, comme l’a souligné Francine Inarukundo, ministre des Finances, du Budget et de l’Economie numérique du Burundi, elle sait faire preuve de résilience, grâce au développement de son agriculture (avec le numérique et l’Intelligence artificielle) et l’exploitation de ses minerais – avec la transformation sur place et l’exportation ; par exemple grâce au train partant du Burundi et passant par la République démocratique du Congo (RDC) pour arriver aux ports de Tanzanie –, qui permettent au pays d’améliorer ses rentrées fiscales.

Francine Inarukundo a ainsi rappelé qu’il importe de « soutenir la souveraineté économique de pays africains, grâce au renforcement de leurs écosystèmes nationaux, l’innovation par le numérique (avec la 5G) et l’appui à l’entrepreneuriat ».

Marie-Laure Akin-Olugbade, Vice-Présidente principale de la Banque africaine de développement (BAD), lors de son entrevue avec les collaborateurs d’AfricaPresse.paris, Bruno Fanucchi (à gauche) et Denis Deschamps (à droite), en compagnie de Amina Ondze Mabondzot. Photo © DR – CLIQUER SUR L’IMAGE POUR L’AGRANDIR.

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Pour sa part, Marie-Laure Akin-Olugbade, Vice-Présidente principale de la Banque africaine de développement (BAD), a insisté sur le rôle de son institution vis-à-vis du secteur privé, auquel des prêts sont accordés pour qu’il puisse contribuer au bien-être des populations africaines. Pour pouvoir rendre l’Afrique à la fois prospère et inclusive, la BAD s’attache donc à rechercher « aux quatre points cardinaux » des financements nécessaires pour développer les infrastructures nécessaires et l’industrialisation du continent.

Sur ce dernier point, la production d’électricité est une véritable priorité, mise en œuvre par la BAD avec la Banque mondiale, pour que 300 millions d’Africains soient effectivement connectés (« Mission 300 »). Aussi, la BAD est effectivement présente sur tout le continent, en particulier dans les environnements difficiles où elle met en œuvre ses priorités opérationnelles, qui concernent l’énergie (cf. la Mission 300), la sécurité alimentaire (développement d’une agro-industrie locale à partir de l’exploitation des ressources naturelles), l’industrialisation (développement de hubs technologiques) et l’innovation (transfert de technologie, Intelligence artificielle…).

En lien notamment avec l’AFD, la BAD entend bâtir une « nouvelle architecture financière africaine », dans la perspective de l’intégration régionale via la ZLECAF (zone de libre-échange intercontinentale africaine) qui devrait bientôt constituer un marché de 1,3 milliard de personnes sans barrières tarifaires.

Marie-Laure Akin-Olugbade est ainsi particulièrement « optimiste sur la capacité de l’Afrique à financer elle-même ses propres projets », même si elle souhaite à Paris qu’Ambition Africa puisse aussi contribuer à rendre les investisseurs français plus « audacieux » par rapport à un continent où ils ne doivent pas hésiter à se déplacer pour conclure des partenariats dans un esprit « ouvert ».

En effet, « avec des « investissements massifs », l’Afrique – où 21 pays ont un taux de croissance supérieur à 5 % en 2025 – peut selon elle devenir « le moteur de la croissance mondiale ».

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