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Algérie - France : vers la fin de la brouille avec une visite d’État du Président Bouteflika en France ?

Algérie | 9 janvier 2010 | src.Sud Ouest
Alger - L’Algérie et la France veulent relancer leurs relations bloquées depuis plus d’une année. La visite d’État du président Abdelaziz Bouteflika en France, qui était prévue initialement en janvier 2009, puis reportée à plusieurs reprises, pourrait avoir lieu en juin prochain, selon un haut responsable algérien qui a requis l’anonymat.

Photo ci-dessus - Les présidents Nicolas Sarkozy et Abdelaziz Bouteflika, lors de la visite d’État du président français en Algérie, en décembre 2007. © Service photo Elysée

Cette visite conditionne la relance des relations franco-algériennes qui traversent une période de turbulences et de froid. Les deux pays se parlent peu et aucun échange de visites importantes ne devrait intervenir avant cette visite. « La situation de blocage ne peut pas durer et ne profite à personne. On est perdant et les Français aussi, mais seuls les deux présidents peuvent désamorcer la crise », selon ce responsable.

Signe de cette volonté d’Alger de renouer avec Paris, le président Abdelaziz Bouteflika a effectué, fin décembre, un court séjour privé dans la capitale française. Le chef de l’État algérien a subi un contrôle médical de routine dans un hôpital parisien. Ce déplacement présidentiel, le premier depuis de nombreux mois dans la capitale française, s’est effectué dans la discrétion la plus totale.

Les dossiers de la discorde

Quatre nouveaux dossiers sont à l’origine du froid glacial dans les relations franco-algériennes. Alger reproche à Paris la relance de la polémique sur la responsabilité de l’armée algérienne dans la mort des sept moines du monastère de Tibéhirine (sud d’Alger), officiellement tués par le Groupe islamique armé ; l’arrestation en août 2008 du diplomate algérien Mohamed Ziane Hasseni à l’aéroport de Marseille dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat d’un opposant algérien à Paris en 1987 ; l’attitude des entreprises françaises qui « préfèrent vendre en Algérie et investir au Maroc et en Tunisie » et la circulation des personnes.

Pour Alger, la récente décision de Paris d’inscrire l’Algérie sur la liste des pays à risque est une nouvelle humiliation pour ses voyageurs qui souffrent déjà des conditions difficiles de délivrance de visas pour la France. « Paris a instauré des quotas de visas aux Algériens, dénonçant unilatéralement l’accord de 1968 sur la circulation des personnes entre les deux pays », déplore le haut responsable.

À ces dossiers, s’ajoute le contentieux historique et la demande algérienne de repentance de la France sur la période coloniale. Pour Paris, les reproches sont d’ordre économique. Ils concernent les mesures prises par Alger en 2009 pour réduire ses importations et le recours aux entreprises étrangères pour la réalisation de ses projets.

La France est le premier fournisseur de l’Algérie, avec des exportations annuelles de l’ordre de 5 milliards de dollars. Les Français se plaignent également d’être exclus des grands contrats algériens d’armement et des projets d’infrastructures de base qui ont profité aux groupes russes, chinois et espagnols.

Ali Idir (Alger) pour Sud Ouest

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