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Algérie-France, Sétif-Lyon : l’Art en partage,
un programme unique de partenariat artistique

France - Algérie | 23 novembre 2010 | src.LeJMED.fr
Lyon -

2010 est la septième année du programme de partenariat artistique « noir sur blanc » (comme « une encre sur du papier », en langue arabe), organisé entre Lyon, Alger et Sétif. Le IVe acte lyonnais de cette coopération fertile vient de se dérouler au cœur de l’Opéra de Lyon (17-20 nov.), grâce au soutien remarquable de François Postaire, directeur de son Amphithéâtre. Au menu de cet « événement entre Sétif et Lyon » : une écriture contemporaine aux croisements du slam, du théâtre et des arts plastiques.

Photo ci-dessus : vue d’une scène de "Le cri de la girafe" (Création 2010, Sétif). © Stéphane Rouaud, "noir sur blanc" 2010.


Initié en 2003, à l’occasion de Djazaïr, Année de l’Algérie en France, ce programme rassemble trois équipes indépendantes d’artistes : Chrysalide (Alger), Perséphone (Sétif) et Gertrude II (Lyon).

Pour Guillemette Grobon, metteure en scène, directrice artistique de la compagnie lyonnaise, les trois équipes cheminent dans la continuité autour de « la recherche, la formation et la création de projets aux entrecroisements des disciplines artistiques contemporaines, du savant et du populaire, sous le regard vigilant du partage équitable des savoirs, des savoir-faire et des savoir créer ».

Après le succès de l’exposition d’art contemporain « L’Attente », qui vient de se dérouler au MAMA d’Alger (Musée national d’Art Moderne d’Alger), présentant les travaux issus d’une résidence partagée d’artistes à Jijel (Algérie) en 2009, 24 artistes de Sétif et de Lyon ont présenté à "noir sur blanc" une sélection de spectacles autour du slam et de l’écriture.

La voix des mémoires croisées :
de Sétif à Lyon

En ce mois de novembre 2010, La Méditerranée est ainsi remontée jusqu’aux rivages de la deuxième ville de France, Lyon. Un lit de guirlandes de fanions blancs plane sous le péristyle de l’Opéra de Lyon et s’illumine en soirée. Les passants et le public lèvent la tête, confrontés qu’ils sont au paysage urbain quotidien de l’Algérie. L’installation de Sandrine Picherit, designer d’espace(s) et Claude Couffin, luminariste, réinterprète cette décoration codifiée des fêtes et inaugurations algériens et interroge l’attente de l’événement à venir... « Normalement » (titre de l’œuvre).

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Vue d’une scène de « Cobayland » (Création 2009, Sétif). © Stéphane Rouaud, « noir sur blanc » 2010.}

Mais, ce n’est pas la première fois que la Méditerranée remonte entre Rhône et Saône, au cœur de l’ancienne capitale des Gaules : en région Rhône-Alpes, la première immigration de nos temps modernes est celle originaire de la Wilaya de Sétif. Les artistes de la coopérative Perséphone, en jonglerie slam, « perd ses phones », sont les porte-parole des silences. Pour ce faire, ils slaloment entre l’écriture et l’oral.
« C’est l’histoire d’une girafe qui ne voulait plus qu’on la voie mais qu’on l’entende » scande le texte de Randa El Kolli. « Le cri de la girafe » est une pièce de théâtre qui raconte la rue algérienne, la condition des femmes, les similitudes et les solitudes. Cinq voix pour un bestiaire poétique mis en espace. L’écrivaine clôture sa trilogie animalière avec ce volet après « D’où vient le cygne ? » et « En attendant que le chat miaule » – Souhaitons-lui qu’un éditeur ait envie de les imprimer, et des metteurs en scène de les faire vivre !

Slam-métissages

« Cobayland », c’est du théâtre slam. Cette première création du genre en Algérie y fut présentée pour la première fois en 2009. Trois troubadours du verbe qui ont « juré de dire toute la vérité et rien que la vérité, levé la main droite et giflé ceux qui doivent être giflés ».

Mounir Benabib, alias Dc Azayko, raconte : « L’aventure a commencé en 2007 avec Lee Harvey Asphalte qui est venu de Lyon animer un atelier slam. Le groupe Rime Urbaine est né et a travaillé sous l’œil averti de la metteure en scène, Monique Hervouët lors d’une résidence de création.
Selon les perséphoniens, « Cobayland incarne la vierge sculpture d’une civilisation asservie par la peur de dire ce qui devrait être dit ».

Et Raïd El Kolli alias Dalaï Slama de poursuivre l’aventure par une mise en tension entre le slam et la musique avec une création en 2010, « La légèreté de l’allée Gérité » , une poésie mélodieuse entre mots du quotidien et l’art poétique.

Dans la famille slam-métissages, des rendez-vous avec le verbe dans tous ses états ont été au programme ces jours à l’AmphiOpéra : parmi eux, le talentueux Lee Harvey Asphalte, accompagné d’un duo de musiciens, et le trio de slameurs de UnDeuxGround, proposant une lecture de cette semaine de répétitions et de représentations pleine de poésie, d’émotion et de verve.

« Nous partageons la France pour toujours avec des millions d’hommes et de femmes originaires d’Algérie. » Le programme « noir sur blanc » propose un cheminement artistique en réponse à la grande affaire de la diversité et de la coopération internationale.

De notre envoyée spéciale Nadia Bendjilali
Correspondante de LeJMED.fr à Marseille


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