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À Marseille, à la IXe Emerging Valley / Corine OUATTARA, cofondatrice du Pass Santé Mousso : « Nous ouvrons ici notre siège Recherche et Développement »

27 novembre 2025
À Marseille, à la IXe Emerging Valley / Corine OUATTARA, cofondatrice du Pass Santé Mousso : « Nous ouvrons ici notre siège Recherche et Développement »
C’est une battante qui est à l’origine d’une belle réussite entrepreneuriale en Côte d’Ivoire et va désormais ouvrir des bureaux à Marseille. Présente une nouvelle fois à Emerging Valley, Corine OUATTARA fait le point sur son invention originale en matière de santé qui s’applique déjà dans six pays d’Afrique francophone. Entretien.

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Propos recueillis par notre envoyé spécial à Aix/Marseille Bruno FANUCCHI pour AfricaPresse.Paris (APP)
@africa_presse

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APP - Qu’est-ce que le Pass Santé Mousso ?

Corine OUATTARA – Le Pass Santé Mousso, c’est un écosystème de solutions, c’est une plateforme que nous avons conçue parce que l’on s’est rendu compte que l’on arrive à beaucoup de données, sauf que cela n’est pas structuré, pas ordonné, pas noté et que l’on a vraiment une difficulté à pouvoir continuer le suivi du patient...
Il fallait donc faire quelque chose d’utile pour trouver des solutions, améliorer cette prise en charge et assurer un véritable suivi.

Je suis en effet la fondatrice du Pass Santé Mousso, lancé avec succès en Côte d’Ivoire dès 2014, il y a plus de dix ans. Cinq ans après, nous avons créé et réalisé en 2019 le Carnet de santé numérique qui permet à tous d’avoir une mise à disponibilité de l’information médicale et désormais 2,7 millions de personnes utilisent notre plateforme déployée et active – en plus de la Côte d’Ivoire - sur cinq pays d’Afrique francophone : Togo, Bénin, Sénégal, Burkina Faso et RDC. Si tout va bien, un sixième pays nous rejoindra bientôt, mais il est encore trop tôt pour vous en parler. Et notre chiffre d’affaires avoisine aujourd’hui les 3 millions de dollars.

APP - Et votre société ne va-t-elle pas s’implanter aussi à Marseille ?

Corine OUATTARA – C’est la grande nouveauté de cette année et c’est pour cela que je suis revenue à Emerging Valley, qui est toujours un lieu d’excellence où les contacts utiles foisonnent et se multiplient. Nous allons implanter ici, à Marseille même, notre siège RED (Recherche et Développement) qui va nous permettre de travailler sur de nouvelles solutions technologiques pouvant intéresser et s’adapter à toute l’Afrique. Le but est de développer des projets et des produits et de les mettre ensuite à disposition du Continent.

APP - Pourquoi avoir choisi la cité phocéenne pour développer ici de nouvelles recherches en matière de santé qui, demain, pourront profiter à toute l’Afrique ?

Corine OUATTARA – Une technologie, aussi belle soit-elle, cela ne sert à rien si elle n’est pas utilisée. En Côte d’Ivoire, l’écosystème ivoirien de e-santé est assez ouvert et efficace et cela nous a permis d’avancer rapidement. Mais ici, en France et notamment à Marseille, nous disposons de l’appui d’une forte communauté ivoirienne et de différentes autres diasporas africaines qui s’activent et s’engagent sur des problèmes concrets. Nous voulons donc trouver ici des solutions pour les déployer en Afrique. Et donner ainsi vie à ce que l’on pourrait d’ores et déjà appeler l’Afrique des solutions.

Nous serons de surcroît accompagnés par Eurobio-Méd et Marseille Innovation et allons bientôt employer ici une dizaine de personnes : des développeurs, bien sûr, mais aussi des « datacentristes » travaillant sur les nouvelles données, ainsi qu’une petite équipe managériale. Moi-même, je ferai de nombreux aller-retour entre Abidjan et Marseille pour porter cette vision. L’entreprise est déjà créée depuis un mois et, si tout marche comme prévu, l’ouverture de ce nouveau siège devrait pouvoir se dérouler dès janvier prochain.

Les membres du panel « Comment Aix-Marseille-Provence façonne la nouvelle génération HealthTech » entouraent Corine Ouattara-N’Guessan (MCM). À gauche : Pr Vincent Vidal (APHM) et Tarik El Haddaoui (Merviva). À droite : Annamaria Molon (AP-HM) etSamir Abdelkrim Fondateur d’Emerging Valley. Photo © BF/AM – CLIQUER SUR L’IMAGE POUR L’AGRANDIR.

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« Un Carnet de santé numérique,
interopérable et transfrontalier »

APP - Que faut-il retenir de cette grande nouveauté ?

Corine OUATTARA – On n’invente pas la roue ! Nous, ce que l’on crée aujourd’hui, c’est un Carnet de santé transfrontalier. Ce Carnet va permettre à une personne qui part de Marseille de pouvoir être prise en charge à Abidjan, mais aussi à Dakar ou Kinshasa. C’est ce que nous voulons mettre en place et cela sera bien sûr possible dans tous les pays où nous avons déjà une antenne ou un bureau pour nous représenter. Mais aussi dans les pays où il y a une simple volonté d’être interconnectés. Pour la bonne raison que nous avons d’ores et déjà une solution qui est interopérable et peut être connectée à tous les systèmes qui existent en ce domaine.

APP - Vous êtes donc ravie de participer à cette IXe Emerging Valley ?

Corine OUATTARA – C’est toujours un plaisir de revenir à Emerging Valley, à Marseille, car on y découvre toujours des nouveautés qui, dans le monde de la Tech, vont ensuite rapidement faire leur bonhomme de chemin. C’est pour moi, je crois, ma cinquième venue à EV qui offre chaque année un espace où innovateurs et investisseurs se rencontrent et permettent de mettre en avant le savoir-faire des innovations locales africaines.

Trouver de bonnes solutions en ce domaine ne peut pas se faire sans les patients ni les professionnels de santé, c’est très important. Dans la mise en place du Pass Santé, nous travaillons bien sûr avec des médecins, des infirmières, des sages-femmes et naturellement des patients. Et chaque solution qui est mise en place est testée auparavant « en condition réelle » avec ces usagers, ce qui nous permet à chaque fois de moduler, changer, reprendre et nous améliorer.

APP - D’où la nécessité d’écouter en amont tous les acteurs du secteur pour mieux connaître leurs besoins ?

Corine OUATTARA – Le problème avec nous autres, les entrepreneurs, c’est que nous sommes rarement ouverts et réceptifs à la critique. Dès lors que l’on développe une solution et que cela ne convient pas aux professionnels de santé, on se braque et on refuse d’aller vers eux, alors qu’au final ce sont eux qui utilisent nos solutions car la technologie de e-santé vient en réalité appuyer et améliorer ce qui existe déjà.
D’où la nécessité, en effet, de les écouter en amont pour connaître leurs réels besoins et savoir quelle sera la solution la plus adaptée.
Il faut également écouter un autre acteur que l’on oublie souvent : les États car ce sont eux qui élaborent en général le Plan national de développement santé et il nous faut arrêter des solutions où tout le monde s’y retrouve.

EN SAVOIR PLUS :
https://passmousso.net/

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